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L'avocat pénaliste et les honoraires

Dans mes prochains articles, je reprendrai quelques passages du "Journal - La Passion de Défendre" de Jacques Vergès, publié en 2008 aux éditions du Rocher, dans lequel il relate sa vie, au jour le jour, de janvier 2005 à avril 2006.
"(...) Une question qui m'est souvent posée, en forme de constatation : "Vous aimez les affaires médiatiques ?"  Ma réponse, toujours, cloue le bec au pauvre d'esprit qui me la pose : "Sans doute pour de bonnes raisons, autrement vous ne vous y intéresseriez pas."  Toutes les affaires dont je m'occupe ne sont pas médiatisées, ni le divorce de Mme X, ni le redressement fiscal de M. Y.  Je ne médiatise que les affaires où l'injustice des magistrats appelle le recours à l'opinion publique.  Mais la question du journaliste révèle surtout qu'il ne croit pas au bien-fondé de la médiatisation qui n'a dépendu que de lui.  En quoi - de drame people en loft story - il a bien raison !
"Une autre question qui m'est posée : "Vous gagnez beaucoup d'argent ?  Quels sont vos honoraires ?"  Cette question, de la part d'un journaliste en principe averti, est d'autant plus étonnante : il sait que l'avocat pénaliste est plus connu mais perçoit des honoraires moins élevés que l'avocat d'affaires.  Liant la notoriété à l'argent (premier aveu), il calcule vos honoraires en fonction de votre notoriété et, deuxième aveu, suppose que seul l'argent vous intéresse (comme lui).  Lui dire qu'Isorni est mort pauvre l'étonnerait.  Si des artistes comme Gauguin ou Van Gogh, qui désiraient sûrement vendre leurs tableaux, n'étaient intéressés que par l'argent, l'un serait resté agent de change et l'autre aurait peint des tableaux de genre.  Mais allez faire comprendre cela à un représentant d'une société malade."
Huit ans après avoir rédigé ce paragraphe, Vergès décédait à Paris, "criblé de dettes" nous informait la presse.  Le mobilier de son cabinet était vendu aux enchères.  Reportage photos de cette vente aux enchères très particulière ici.

www.henrilaquay.com 

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