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Me Maurice Garçon par Me Jean-Marc Varaut

J'ai consacré quantité d'articles aux avocats qui ont fait l'histoire du Barreau.

Voici un article consacré à Me Maurice Garçon, écrit par Me Jean-Marc Varaut, publié dans la Revue des Deux Mondes : e97fc6c4217da7844ce52bb1f37cc3f7.pdf

Il fut, selon l'auteur, "un avocat d'assises et un avocat d'affaires, un avocat lettré et l'avocat des lettres et plus encore, selon le mot de Jean-Marc Théolleyre, "une manière d'être avocat".

Ou encore :

"Distinction, présence, hauteur, caractère - et ajoutons avec ses amis le Bâtonnier Toulouse, Jérôme Carcopino et Henri Jeanson : générosité - ce sont là les traits essentiels d'une première esquisse.  Elle ne pourrait prétendre à la ressemblance si on n'ajoutait la conscience professionnelle poussée jusqu'au scrupule et le scrupule jusqu'à l'excès.  Ceux qui ont été ses collaborateurs ou ses contradicteurs dans des affaires pénales, mais aussi civiles et commerciales, ou dans ces procès littéraires qu'il affectionnait - La Justice au Parnasse - savent le soin avec lequel il étudiait un dossier, choisissait les pièces à produire - pour les avoir toujours à portée de vue, il les attachait par des pinces à linge à des ficelles qui pendaient au plafond - recopiait lui-même les pièces importantes communiquées par l'adversaire ou produites par le ministère public, rédigeait ses conclusions de longs mois à l'avance et calligraphiait ses notes de plaidoiries d'une écriture dont l'élégance traduisait celle de sa personne. "Dans son cabinet de la rue de l'Eperon, où les éditions rares s'empilent à même le plancher, rapporte Jean-Paul Lacroix, dans son Palais Indiscret, il répond lui-même au téléphone, recopie lui-même toutes les cotes de ses dossiers à la main, et en regrettant qu'on ne trouve plus de plumes d'oie.  Mon genre, dit-il, c'est l'artisanat."

Trouve-t-on encore aujourd'hui cette "manière d'être avocat", l'avocat cultivé, artiste lui-même, cette sorte de personnage talentueux et anachronique ?  A vous d'en juger.

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