Paul Morand, l'un des plus grands, nous a laissé un livre de souvenirs, dont le centre est Venise. Quelques extraits de ce livre, dont les passages nous rappellent que le monde et les moeurs ont changé, pas toujours en bien. "C'étaient là de vraies personnes, pas des vedettes internationales comme ceux qui occuperaient Venise plus tard, au temps des Ballets russes ; ce cercle de familiers était discret, comme les Français de ce temps-là ; hommes extrêmement difficiles, encyclopédiques, sachant tout peser, du goût le plus sûr, modestes à l'excès, répugnants aux modes, d'un accent inimitable, et à qui "on ne le faisait pas". Aucun d'eux n'était voyant, ne calottait les bouteilles de champagne, ne circulait sur la lagune en faisant des vagues ; pas de liaisons, les colliers de leurs épouses étaient en verre de Murano. "Ils haïssaient le commerce, à Venise plus qu'ailleurs ; l'image en était l'affreux magasin Salviati, aux mille lus...
Le bloc-notes