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Affichage des articles associés au libellé Jean-Marc Varaut

Me Maurice Garçon par Me Jean-Marc Varaut

J'ai consacré quantité d'articles aux avocats qui ont fait l'histoire du Barreau. Voici un article consacré à Me Maurice Garçon , écrit par Me Jean-Marc Varaut , publié dans la Revue des Deux Mondes :  e97fc6c4217da7844ce52bb1f37cc3f7.pdf Il fut, selon l'auteur, "un avocat d'assises et un avocat d'affaires, un avocat lettré et l'avocat des lettres et plus encore, selon le mot de Jean-Marc Théolleyre, "une manière d'être avocat". Ou encore : "Distinction, présence, hauteur, caractère - et ajoutons avec ses amis le Bâtonnier Toulouse, Jérôme Carcopino et Henri Jeanson : générosité - ce sont là les traits essentiels d'une première esquisse.  Elle ne pourrait prétendre à la ressemblance si on n'ajoutait la conscience professionnelle poussée jusqu'au scrupule et le scrupule jusqu'à l'excès.  Ceux qui ont été ses collaborateurs ou ses contradicteurs dans des affaires pénales, mais aussi civiles et commerciales, ou dans c...

Les défendre tous ? Oui, assurément !

Voici ce qu’écrivait Me Albert NAUD, l’un des meilleurs avocats français du XXe siècle. « Je suis avocat. Un métier formidable, je veux dire terrifiant, avec des problèmes, des tortures, la mort qui rôde, des remords. Savez-vous que je serre la main de l’assassin ? Mais si vous saviez comme ils sont petits et faibles, en face de l’énorme machine judiciaire, dressée pour les broyer ! Et puis, il y a le devoir, le service commandé en somme. « J’ai défendu Laval, moi, résistant. Commis d’office par le Bâtonnier, je l’ai aussi aimé comme on aime son frère à l’instant de la mort. Je l’ai embrassé avant qu’il ne tombe sous les balles, comme j’aurais embrassé mon frère. C’était, sous ses allures de Gitan, un homme distingué qui est mort hautement. « Je les ai aimés tous, vous dis-je. Choisi ou commis d’office, j’ai fait corps avec eux. Les défendre tous comme ils sont, avec leurs bassesses, leurs nostalgies à jamais stériles, leurs étincelle divines (ils en crépitent) et leurs te...

Me Jean-Marc Varaut à propos de Me Maurice Garçon

Voici ce que disait Me Jean-Marc Varaut à propos de Me Maurice Garçon , publié dans la Revue des deux Mondes (cliquez ici pour lire l'intégralité de ce discours en format .pdf) : " ... il fut d'abord un avocat ; un avocat d'assises et un avocat d'affaires, un avocat lettré et un avocat des lettres et plus encore, selon le mot de Jean-Marc Théolleyre, "une manière d'être avocat." "Connaissance approfondie du dossier, préparation minutieuse, voire maniaque, logique caustique éprise d'idées claires, heureuse élocution, l'élocution étant prise dans son sens exact, c'est-à-dire art de choisir les mots et de les assembler, simplicité de ton dont l'inoffensive apparence donne à son propos une grande autorité, sont les dominantes de ce que l'on appelle le talent et qu'il vaut mieux appeler sa présence. Maurice Garçon avait à la barre une présence imposante jusque dans ses silences dont il avait le don de savoir jouer et...

La solitude, l'amitié et l'indépendance des avocats. Souvenirs de Vergès.

" (...) C'est pour moi l'occasion de souligner la grande fraternité du barreau, tout au moins chez les meilleurs, et notre indépendance, nécessaire face au pouvoir ou à l'opinion.  Car nous sommes des empêcheurs de tourner en rond.  Indépendance d'autant plus nécessaire aujourd'hui que le conformisme, contraire à l'esprit français, se fait de plus en plus pesant.  Il y a, dans ces rencontres entre anciens et jeunes, un parfum de compagnonnage du meilleur aloi pour maintenir nos traditions, celles des avocats de Louis XVI, de Dreyfus, des communistes devant les sections spéciales, des collabos devant les tribunaux d'épuration et des accusés du FLN devant les tribunaux militaires." "En attendant de dîner ce soir avec mes amis Daniel et Sabine Salem dans un bistrot du 11e, connu pour ses crémeux de cèpes au foie gras et ses filets de rougets à la purée de céleri, je continue à jeter des mots en souvenir de Jean-Marc Varaut. "A la so...

La vie d’un avocat : Défendre

« Défendre, c’est d’abord ne jamais refuser de défendre. L’avocat est choisi. Cet honneur est une dette qui ne se discute pas. Mettre en balance l’acceptation ou le refus serait mettre en balance les profits et les inconvénients d’une défense. Sauf dans le cas où l’acceptation mettrait l’avocat en contradiction avec une autre défense, car l’avocat n’est pas un marchand de paroles, il n’est pas libre de repousser, par prudence ou opportunité ou engagement, son concours. Aussi ma devise est : Ma parole est à qui me la demande. Albert Naud l’avait exprimé dans le titre de ses souvenirs : Les défendre tous . « L’avocat pour répondre à cette demande, doit prendre ses distances avec ses origines, son histoire, ses habitudes de penser et de sentir pour être au plus près de celui qui lui a confié sa défense. Et, pour cela, rompre avec le cercle stérile que le soi forme avec soi-même pour s’ouvrir à l’altérité. » Jean-Marc Varaut, 1933-2005 Avocat à la Cour de Paris Un avocat pour l’Hist...